Industrie et maison connectée, 2021 à 2025
Reprise et évolution de la plateforme IoT des installateurs Somfy
Plus de 4 000 installateurs professionnels utilisaient Serv-e-Go, la plateforme web avec laquelle Somfy leur permet de suivre, de diagnostiquer et de régler à distance les maisons connectées de leurs clients, ou l'application TaHoma pro, qui partage son back-end. Pendant quatre ans, Innéair a dirigé l'équipe de développement de la plateforme et en a porté l'architecture : elle a repris un back-end construit par d'autres équipes, l'a fait évoluer sans geler les livraisons et l'a préparé à rejoindre la plateforme du groupe.
- Client
- Somfy, services numériques pour les installateurs professionnels
- Plateforme
- Serv-e-Go et son back-end, partagé avec l'application mobile TaHoma pro et relié à la plateforme IoT d'Overkiz
- Intervention d'Innéair
- Constitution et direction de l'équipe de développement, architecture de la plateforme, développement de l'interface et du back-end
- Technologies
- Interface Angular, NgRx
- Services Node.js, TypeScript, NestJS
- Événements Kafka
- Données MySQL, MongoDB, Redis
- Identité Keycloak
- Livraison Jenkins, GitLab CI
- Cloud Google Cloud, puis OVH, Kubernetes
Reprendre la plateforme sans geler les livraisons
À l'arrivée d'Innéair, fin août 2021, le back-end de Serv-e-Go avait près de quatre ans : une API et sept micro-services Node.js et TypeScript, construits par d'autres équipes sur Google Cloud. De juin 2022 à février 2023, Innéair a porté seule le développement applicatif du produit. Innéair a ensuite constitué l'équipe de développement, en menant les recrutements, et a dirigé les trois développeurs arrivés en 2023 et 2024, au rythme des PI Planning de l'organisation SAFe de Somfy.
Innéair répondait de chaque livraison : elle relisait le travail de l'équipe et publiait la plupart des versions de l'interface, de l'API et des micro-services. L'interface est passée d'Angular 12 à Angular 20 sans que le logiciel soit arrêté ni ses fonctionnalités gelées. En 2023, une montée de trois versions, accompagnée du remplacement de quatre bibliothèques, a ramené la compilation de l'interface de 65 à 13 secondes et son poids de 3,4 à 1,5 Mo, mesurés avec des réponses serveur simulées.
Industrialiser l'arrivée des nouveaux produits
Chaque nouvel équipement Somfy devait être décrit à la main dans plusieurs dépôts, à partir des classeurs tenus par les équipes produit, et chaque intégration demandait quatre jours de développement. En 2022, Innéair a automatisé cette procédure : des scripts génèrent désormais, depuis ces classeurs, les profils, les spécifications et les définitions d'interface des équipements. L'outillage a demandé une douzaine de jours, et une intégration ne prend plus qu'une heure environ.
En 2023, cette automatisation a fait gagner au moins vingt jours de développement sur l'intégration de produits io-homecontrol, le protocole radio de Somfy. Le produit prend aujourd'hui en charge 130 équipements io et leurs 167 versions de firmware, ainsi que les équipements Zigbee, de façon générique. En 2025, Innéair a sorti la chaîne de génération dans un dépôt dédié, pour que les mises à jour des produits ne dépendent plus des applications.
Mesurer avant de simplifier
Le moteur d'alertes, cœur métier de Serv-e-Go, prévient l'installateur quand un moteur franchit un nombre de cycles, rencontre trop d'obstacles ou signale une batterie faible. Écrit en 2018, il avait connu une vingtaine de bogues en un an, et chaque installateur pouvait personnaliser ses seuils. Avant de modifier le code, Innéair a interrogé la base de production : sur 5 774 configurations, 48 s'écartaient des valeurs par défaut, soit moins de 1 %. La personnalisation a donc disparu, et le moteur a été refondu autour de déclencheurs explicites. La refonte est partie en production en décembre 2022, et depuis, le Product Owner n'a plus remonté aucun bogue ni aucune incohérence sur le moteur d'alertes.
D'après le calcul fait sur le nouveau format, chaque enregistrement de l'historique des alertes occupe désormais 68 % de place en moins. Multiplié par le nombre d'équipements, ce gain allège la mémoire, les échanges réseau et le stockage. Début 2023, Innéair a réécrit par petits pas le micro-service des sites : mesurées avant et après, sa complexité cognitive a baissé des deux tiers et la couverture de ses tests est passée de 33 % à 85 %. Sur quatre ans, la complexité des micro-services est restée stable alors que les fonctionnalités se multipliaient, et des micro-services ont même été supprimés.
Une architecture événementielle qui tient la charge
Le back-end de Serv-e-Go reçoit chaque jour de la plateforme IoT d'Overkiz, filiale du groupe Somfy, plusieurs centaines de milliers, voire des millions d'événements émis par les équipements des maisons connectées. Innéair a tenu le socle commun de ses micro-services : messagerie, cache, client HTTP et accès aux bases. Elle y a ajouté une bibliothèque de déduplication et de cache à deux niveaux : les requêtes identiques et simultanées sont mises en commun, chaque pod garde en mémoire les réponses récentes, et un cache partagé sert tous les pods. Calibré à 10 000 requêtes en quatre minutes, le test de charge a mesuré huit fois moins d'appels vers la plateforme IoT et 55 fois moins vers le back-office commun du groupe. En production, où le pic observé atteignait 100 000 requêtes en quatre minutes, la latence est restée stable pour les installateurs.
Somfy a choisi de remplacer Pub/Sub par Kafka, puis le Datastore de Google par MongoDB. Innéair a porté ces chantiers et obtenu, avec le soutien de l'exploitation et des autres tech leads, qu'ils passent avant de nouvelles fonctionnalités, pour ne pas buter sur eux au dernier moment de la migration. Elle a conçu dans ce socle l'abstraction qui a permis aux micro-services de changer de bus d'événements, par étapes livrées et testées. Dès la fin de 2022, Innéair avait aussi mis en place, avec l'exploitation, une production répartie sur plusieurs régions, qui a servi au lancement du produit en Amérique du Nord en 2024, puis en Australie en 2025.
Converger vers la plateforme du groupe et quitter Google Cloud
À partir de 2023, Somfy a construit un back-office commun à ses produits connectés, pour remplacer un CMS confié à une agence. Innéair était co-responsable du lot qui reliait le back-end des installateurs à ce back-office. En 2025, l'équipe y a fait passer les appels de Serv-e-Go, puis Innéair a retiré l'ancien connecteur. Dans le même temps, elle a fait cohabiter l'ancien SSO et le nouveau fournisseur d'identité du groupe jusqu'à la bascule, avant de retirer l'ancien.
La même année, Somfy a engagé le départ de Google Cloud vers OVH, et Innéair a piloté cette migration pour Serv-e-Go. Une analyse de chaque dépôt, rédigée par une IA sous sa supervision puis relue, a servi à ordonner la migration et les tests. Elle a proposé de retirer, plutôt que de migrer, les micro-services dont le back-office commun reprenait le rôle, et la proposition a été validée : chaque service retiré est un service de moins à migrer, à tester et à exploiter, et les sites n'ont plus qu'une seule source. Retirer le service des sites imposait de passer aux identifiants du back-office commun : Innéair a fait adopter une migration unique des données par un script, avant la bascule, plutôt que des doubles identifiants à maintenir pendant des mois dans tous les services. Pour sécuriser les déploiements, elle a enfin créé un service qui vérifie les connexions et les secrets de chaque dépendance dans les huit environnements, en Europe, aux États-Unis et en Australie.
Réalisation suivante : Loyalty Company : plateforme de fidélisation multi-clients
Ce qu'en dit l'équipe Somfy
« En l'espace de trois ans, il a introduit avec tact et efficacité la méthode BDD au sein de l'équipe. Grâce à ses efforts, la couverture des tests automatisés a considérablement progressé, passant de 2 % à environ 70-80 %. »
« […] là où le code d'un projet tend souvent à se complexifier au fil des évolutions, Vincent profitait de chaque ajout fonctionnel pour nettoyer, clarifier ou refactorer intelligemment certaines parties. »
Votre plateforme est devenue difficile à faire évoluer ?
Innéair reprend des applications web en production et les fiabilise sans arrêter vos livraisons. Tout commence par un diagnostic de quatre à six jours, qui se termine par un plan chiffré.